« Ici à la ferme des sonnailles – du nom des cloches et clochettes portées par les bêtes lorsqu’elles vont en alpage- nous sommes au maximum dans de l’élevage extensif. Tout l’opposé de l’élevage intensif ! Nos brebis de race Merinos, une race très rustique qui supporte bien l’alpage et fait de très bonnes mères, sont au maximum dehors sauf une petite partie de l’hiver où elles rentrent en bergerie dans de grands bâtiments que nous avons construits afin qu’elles aient de l’espace. On fait même une transhumance d’hiver dans la pleine de la Crau en Camargue pour qu’elles restent au maximum en extérieur. Avec mon mari et toute la famille nous sommes au plus proche de la nature, nous faisons corps avec les éléments et nous sommes très attachés à nos montagnes, à notre territoire, aux traditions aussi. Celles que nous ont léguées nos 4 grands-parents tous éleveurs. Des savoir-faire et des traditions qui reposent sur le bon sens. 

 “Le label Bio est venu dans la continuité du bon sens”

Le bien-être et le respect de l’animal passent ainsi par les conditions de vie, dont je parlais plus haut, mais aussi sur l’alimentation. Nous sommes ainsi en autosuffisance alimentaire. Nous cultivons notre foin de prairie, notre luzerne mais aussi nos céréales comme l’orge et l’avoine que nous alternons en fonction des besoins de nos bêtes et de leur évolution. Les soins sont un autre aspect important de notre mode d’élevage : nous travaillons beaucoup en préventif avec de l’aromathérapie notamment en hiver. Et puis il y a l’observation, l’expérience et le lien qu’on a à nos troupeaux. Toutes ces choses-là, nous les faisions bien avant de demander le label bio qui est venu dans la continuité de nos pratiques et dans l’idée que l’essentiel demeure dans le bon sens : celui qui guide un éleveur ovin de montagne depuis des générations.»