Si lorsqu’il fait beau le métier d’éleveur de montagne peut ressembler (un peu) à cela, les difficultés ne manquent pas le reste du temps.Climat très changeant, altitude, pente, conditions de travail rudes et … Prédateurs. Le loup arrive ainsi rapidement dans la conversation avec les deux éleveurs de la coopérative.
Jérôme Denier, qui élève ses agneaux bio dans la vallée de La Blanche du côté de Selonnet et Nicolas Bosse, lui aussi éleveur d’agneaux bio et (c’est rare les deux à la fois) de génisses de race Salers à La Bréole dans la vallée de l’Ubaye sont unanimes « nous sommes de plus en plus menacés ».

Le loup une contrainte forte

Des chercheurs de l’Inra Ecodéveloppement (Avignon) et de l’Université Catholique de Louvain (Belgique), dans le cadre du projet européen REGARDS (ERA-Net BiodiversA), pointent d’ailleurs que l’environnement naturel, tel que la présence du loup, est une contrainte plus forte que la politique agricole ou les marchés dans les difficultés liées à l’élevage de montagne. « Nous avons 2 à 3 attaques de brebis par an et pourtant je suis en plein village de La Bréole. Bientôt le loup est dans la bergerie (…) Quant aux vaches Salers, je les ai choisis aussi car avec leurs grandes cornes elles sont bien armées contre la prédation », détaille Nicolas.
Mais réduire l’élevage de montagne au seul problème du loup provoquerait certainement quelques hurlements dans la meute des éleveurs. D’autant que selon une étude publiée en janvier 2016 du Ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, le massif des Alpes du sud présente quelques particularités, aux couleurs d’ailleurs de nos deux éleveurs.

Des élevages de petite taille et des éleveurs jeunes (et passionnés)

L’étude souligne que les élevages dans les Alpes du Sud sont de petites tailles -entre 200 et 300 ovins pour nos deux éleveurs- et que les agriculteurs y sont plus jeunes qu’en plaine (21% ont moins de 40 ans). Jérôme et Nicolas ne diront pas le contraire…Mais ce qui rassemble ces deux-là c’est la passion du métier !  4ème génération d’éleveur pour Jérôme et toujours l’impatience du 20 juin, date traditionnelle du début de la transhumance. Même son de cloche chez Nicolas « c’est l’appel de la montagne, l’herbe est plus verte là-haut pour nos bêtes ». Le troupeau y restera de 4 à 5 mois avant de redescendre pour les premiers agnelages.

Au premier rang pour l’agriculture biologique

Avec 8% des exploitations en bio, le massif des Alpes du Sud est au premier rang pour l’agriculture biologique. Un pourcentage dans lequel se retrouvent Jérôme, labellisé en bio depuis 2016 et Nicolas depuis 2014. « Depuis toujours notre façon de faire est proche du bio, c’est donc avant tout une reconnaissance au niveau des consommateurs ». Pour Nicolas, « c’est une vraie volonté depuis plus de 10 ans, pour offrir ce qu’il y a de mieux au client mais aussi pour la santé de nos enfants et la nôtre ! »

Pourquoi est-il si bon votre agneau ?

« Les mères entament leur gestation sur l’estive, au grand air et en se nourrissant du meilleur de nos montagnes. Une fois nés, les agneaux grandissent et paissent autour de la bergerie, et ne sont nourris qu’avec le lait de leur mère et le foin et les céréales que nous produisons », explique Nicolas Bosse. Et Jérôme d’ajouter « nous sommes en quasi autosuffisance en terme d’alimentation pour nos bêtes ! ». Une garantie de qualité et ce qui donne ce goût si savoureux aux épaules, côtes, gigot, etc. que vous retrouvez sur les étals de Couleurs Paysannes.

Un rôle écologique et économique

L’élevage pastoral en montagne est un véritable outil d’entretien des paysages, il limite l’enfrichement, contribue à la biodiversité et comme le souligne Nicolas « en broutant l’herbe, les bovins et ovins peuvent éviter les avalanches en hiver, ce qui préserve par ricochet la faune et la flore ». Et puis cela permet évidemment de produire de la viande localement et de qualité. Et des emplois. Car chaque année, ce sont deux ou trois bergères et bergers qui sont embauché-es, souvent en mettant en commun les bêtes et les moyens dans chaque village. Sans oublier les salariés agricoles sur les exploitations.

Dernière particularité, les Alpes du sud regroupent plus du quart du cheptel de brebis nourrices élevées en montagne sur l’ensemble du territoire national.

Agneaux bios, fromages au lait de brebis ou bœufs de race salers, tous les produits de Jérôme et Nicolas ont un point commun avec les produits laitiers et leur célèbre slogan des années 90’s, « des sensations pures » à leur dégustation.

Découvrir nos deux éleveurs d’agneau bio :