Il était une fois dans l’AOP Pierrevert, le domaine La Blaque…

    Publié le : 22/08/2019 16:12:17
    Catégories : Nos actualités , Portrait de nos Producteurs

    Il était une fois dans l’AOP Pierrevert, le domaine La Blaque…

    Savez-vous que le vignoble provençal est le vignoble français avec le plus gros pourcentage de culture bio ? Avec 24 % de vignes cultivées en agriculture biologique, la Provence est la meilleure élève de l’hexagone en la matière. De quoi se démarquer des grands vignobles encore frileux à la conversion. Et notre couple de viticulteurs du domaine La Blaque fait aussi figure de bons élèves. A l’aube du début des vendanges - mi-septembre - rencontre avec Laurence et Gilles Delsuc  dans les coulisses de la fabrication des vins certifiés biologiques.

    Une histoire teintée d’œnologie

    Il était une fois deux jeunes étudiants en œnologie à Dijon. Gilles le bourguignon et Laurence la champenoise démarrèrent ainsi leur vie commune, diplômes d’œnologues en poche. Mais ils ignoraient alors que le vin continuerait de tracer le fil rouge de leur histoire et que c’est quelque part au cœur de la Provence de Giono que s’en écriraient les lignes les plus enivrantes. Celles de l’audace, de la recherche perpétuelle d’amélioration, de la conversion en agriculture biologique, des grands crûs et d’un nom désormais incontournable en Provence et ailleurs : le domaine de la Blaque. C’est en 1992 –après un passage par l’AOP Corbières dont on retrouve l’héritage dans les rouges de caractères qu’ils produisent- que Laurence et Gilles prennent la direction de ce domaine niché sur les contreforts du Luberon. Un domaine au potentiel immense mais où tout reste à imaginer, à construire…

    Un domaine au patrimoine géographique exceptionnel

    Un vignoble de 55 ha « complètement isolé sur les communes de Pierrevert et Montfuron, avec les vignes les plus hautes culminants entre 420 et 550 mètres d’altitudes », souligne Laurence. Un obstacle ? « Pas du tout, sourit le duo de vignerons-œnologues, nos vignobles bénéficient d’un ensoleillement exceptionnel (320 jours par an) et d’une amplitude thermique unique puisque les nuits sont fraîches à cette altitude ».

    Et comme si cela ne suffisait pas, il y a ce terroir « et ce sol argilo-calcaire idéal pour la vigne et la production de grands vins », détaille Laurence, également à la barre d’un domaine en Champagne.

    Cinq ans après avoir repris la direction du domaine, Gilles et Laurence contribuent au passage en 1998 à l’Appellation d’Origine Protégée Pierrevert (A.O.P) qui regroupe 6 domaines (dont une cave coopérative) allant du contrefort du Luberon au lac de Quinson en passant par les plaines de la Durance. Le Domaine La Blaque étale lui ses vallons à cheval sur deux sites :  le lieu-dit La Blaque sur les communes de Montfuron et Pierrevert : 32 ha de vignes pour les cépages rouges comme la Syrah et le Grenache. Et le lieu-dit Chateauneuf sur la route de la Bastide des Jourdans qui regroupe la cave et 23 ha de vignes, en particulier des cépages blancs : Viognier, Roussane, Grenache blanc, Vermentino, etc.

    Une vinification sous haute surveillance…

    Saviez-vous qu’à La Blaque on utilise une « méthode unique de vinification ? La macération carbonique. C’est ce qui fait la spécificité de leurs vins rouges composés en majorité de Syrah et d’un soupçon de Grenache. « Cela consiste à ramasser les grappes entières et par conséquent entièrement à la main, puis à les mettre directement et le plus intactes possibles, sans enlever les rafles (NDLR : les queues vertes) dans la cuve. La fermentation se déroule ainsi dans chaque baie de raisin », détaille le couple de vignerons.

    Cette méthode de vinification spécifique est réservée à deux cépages : uniquement Syrah et Carignan. D'autres cépages comme le Grenache noir et le Pinot noir sont vinifiés de façon traditionnelle

    Ce que ne disent pas Gilles et Laurence Delsuc, c’est que la macération carbonique demande de respecter certaines règles très précises, comme le fait de priver totalement ce mélange d’air pendant 24 à 48 heures et dans le même temps de le saturer en CO2.  Il faut aussi effectuer une surveillance quotidienne pour goûter chaque jour le peu de jus qui tombe au fond de la cuve et contrôler ainsi son processus de fermentation qui donnera sa couleur, ses arômes et son caractère au vin.  Cette macération dure 3 semaines. Une méthode complexe et apprise lors de leur passage par les Corbières et qui, selon eux, « donnent des vins plus concentrés, plus aromatiques et plus expressifs ! ». Quelques rares producteurs dans des zones d’appellation d’origine contrôlée appliquent cette méthode notamment sur les prestigieux vignobles de Châteauneuf du Pape ou dans les Corbières et le Beaujolais.

    … pour un chai d’élevage de haute qualité et aux subtiles couleurs

    Quant au chai, il est équipé de 300 fûts de chêne de française « sélectionnés avec soin » et qui sont régulièrement renouvelés. Certains vins vont effectuer la phase de fermentation directement à l’intérieur des barriques (blancs et rosés), d’autres y seront élevés de 12 à 18 mois mais toujours sous l’œil attentif des vignerons et de leur équipe, qui comptent plusieurs années d’expérience de vinification derrière eux.

    Savoir-faire et chai de haute qualité, « on se donne les moyens », sourit Laurence. Et voilà qui expliquent le caractère, la rondeur, l’équilibre et le corps des vins de la Blaque. Toutes couleurs confondues. Car si le rosé reste l’emblème de la Provence et du domaine, plusieurs fois cité au guide Hachette des vins et que le blanc plus confidentiel ravira les amateurs de fraîcheur fruitée « l’identité du Domaine, depuis son origine reste le rouge ; sauf qu’il était alors envoyé dans les Côtes du Rhône ». On se saurait que trop vous encourager à goûter une fois dans votre vie au Rouge Collection ou Réserve. Emotions garanties

    Des vins biologiques pour des vignerons de caractère

    L’audace, c’est un mot qui colle à la peau de ces deux-là. Des 2011, ils sentent le vent de bio souffler. « Nous savions qu’il y avait une vraie demande des consommateurs, les demandes étaient régulières sur la production de vin bio » ; ni une, ni deux, ils se lancent dans l’aventure de la conversion. Mais ils restent réalistes « il faut bien dire qu’ici c’est plus simple de passer en bio- le climat s’y prête - contrairement à la région viticole champenoise … », souligne Laurence Delsuc. 

    Depuis le millésime 2014, tous les vins sont certifiés biologiques. Mais qui dit vin bio, dis évidemment le respect de certaines pratiques. Ainsi tous les travaux se font mécaniquement « voire manuellement » : labourage, désherbage…Et par conséquent pour obtenir un raisin de qualité premium, les rendements sont limités à 35 - 40 hl/ha.

    Et le Millésime 2019 ? « Cette année la récolte ne s’annonce pas énorme mais pour le moment les raisins sont qualitatifs… », soufflent prudemment les deux vignerons les yeux levés vers le ciel.  « En septembre, s'il tonne, la vendange est bonne », énonce d’ailleurs un proverbe provençal.

    Pluie et soleil en juste quantité, voilà ce qu’espèrent tous les vignerons. De quoi donner raison au savant Galilée – chez qui tout tournait plutôt rond ;-) -  et qui avait coutume de dire que « le vin c’est la lumière du soleil captive dans l’eau ».

    *L’abus d’alcool est dangereux pour la santé
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    texte : Camille Garcia

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